10/08/2017

une bibliothèque en désordre (328)

https://www.theguardian.com/books/2016/sep/26/born-to-run-memoir-bruce-springsteen-review
J’ai convaincu ma mère de m’emmener chez Diehl’s Music, sur South Street, à Freehold. Et là, faute d’argent, on a loué une guitare. Je l’ai rapportée à la maison (...). Je ne sais toujours pas lire la musique, et, à l’époque, mes doigts d’adolescent de dix-sept ans n’arrivaient même pas à faire le tour de ce gros manche. Frustré et gêné, j’ai bientôt annoncé à ma mère que ça ne donnait rien. Ça ne rimait à rien de lui faire perdre son argent durement gagné.
Le matin ensoleillé du jour où j’ai rapporté la guitare, je me suis planté devant cinq ou six gars et filles du quartier dans mon jardin. J’ai donné mon premier concert… et mon dernier avant un bon moment. J’ai brandi la guitare, je l’ai secouée, je lui ai hurlé dessus, j’ai tapé dessus, j’ai chanté des imprécations vaudoues, j’ai tout fait sauf en jouer… sous leurs rires, et pour leur plus grand amusement. J’étais nul. Ce fut une joyeuse et stupide pantomime. L’après-midi, triste mais un peu soulagé, j’ai rapporté la guitare chez Diehl’s Music. C’était fini pour le moment mais, l’espace d’un instant, d’un bref instant, devant ces gamins dans mon jardin… j’avais flairé l’odeur du sang.

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